WASHINGTON, 6 mars 2026 – L’utilisation du sulfate de magnésium et de la corticothérapie en anténatal, recommandée en cas d’accouchement prématuré, est très variable selon les pays, y compris parmi les pays à revenus élevés, selon une étude publiée dans l’International Journal of Gynecology & Obstetrics.
Le sulfate de magnésium anténatal et la corticothérapie anténatale sont reconnus pour réduire le risque d’infirmité motrice cérébrale et de complications respiratoires chez les bébés nés prématurément, et figurent à ce titre dans les recommandations cliniques internationales. Il existe cependant peu d’informations sur le niveau de mise en œuvre de ce traitement préventif, soulignent Hannah Edwards de l’université de Bristol (Royaume-Uni) et ses collègues.
Ils ont analysé les données de 2024 d’un réseau international d’hôpitaux avec une réanimation néonatale, concernant 45.619 bébés pris en charge dans 1.111 centres au Royaume-Uni, en Irlande, en Autriche, en Suisse, en Italie, aux Etats-Unis, aux Emirats arabes unis, au Brésil, en Afrique du Sud et en Inde.
Parmi ces pays, le taux de recours au sulfate de magnésium était le plus élevé en Irlande (83,6%) et au Royaume-Uni (82%), et le plus faible en Afrique du Sud (33,6%) et aux Emirats arabes unis (44,5%). Il n’était que de 53,9% en Italie et autour de 76% en Suisse et aux Etats-Unis.
La proportion de nouveau-nés traités par corticoïdes anténatals était plus élevée et moins variable, mais allait tout de même de 93,1% en Irlande à 73,1% en Afrique du Sud. Elle variait de 93,1% à 85,1% parmi les pays à revenus élevés.
Dans la plupart des pays inclus, plus de la moitié des bébés avaient reçu à la fois du sulfate de magnésium et des corticoïdes en anténatal, à l’exception de l’Afrique du Sud (31,9%) et des Emirats arabes unis (42,9%). Les deux traitements étaient administrés conjointement dans 81% des cas au Royaume-Uni et 82,3% en Irlande, ces deux pays ayant les taux d’utilisation les plus élevés.
La proportion d’enfants n’ayant reçu aucun de ces deux traitements en anténatal variait de 9,6% dans les pays à hauts revenus (moins de 7% en Irlande, Royaume-Uni et Autriche) à 20,3% dans les pays à revenus moyens.
Le taux d’utilisation de ces deux traitements a augmenté continuellement depuis 2012, mais le fossé entre pays à hauts revenus et pays à revenus moyens a persisté, soulignent les auteurs.
Les raisons de cette application non optimale des recommandations, pourtant fondées sur les preuves, ne sont pas claires et il faudrait mener d’autres travaux pour les comprendre et déterminer comment les mettre en œuvre de manière plus équitable, concluent les auteurs.
(International Journal of Gynecology & Obstetrics, publication en ligne du 25 février)
