WASHINGTON, 11 décembre 2025 – L’oxygénothérapie pour la réanimation des nouveau-nés très grands prématurés ciblant une fraction d’oxygène inspirée (FiO₂) initiale de 0,6 n’affecte pas le risque de décès ou de lésion cérébrale à neuf mois par rapport à une FiO₂ de 0,3, montre un essai randomisé international présenté mercredi au congrès Hot Topics in Neonatology à Washington et publiés dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).
Les recommandations initiales pour commencer la réanimation chez le nouveau-né avec de l’air ou une faible FiO₂ étaient essentiellement fondées sur des études sur des bébés à terme en état d’asphyxie, chez qui l’utilisation d’une FiO₂ de 1,0 était associée à des lésions oxydatives. En 2017, l’essai TORPIDO comparant une FiO₂ initiale de 0,21 à une FiO₂ de 1,0 chez les prématurés n’a pas abouti en raison de la lenteur des recrutements, mais a suggéré une mortalité plus élevée chez les prématurés de moins de 29 semaines recevant une FiO₂ de 0,21, rappellent les auteurs.
Le nouvel essai, TORPIDO 30/60, a été mené afin de déterminer si une FiO₂ de 0,6 pour la réanimation initiale des prématurés de moins de 29 semaines améliorait la survie sans séquelles cérébrales à 36 semaines d’âge gestationnel corrigé par rapport à une FiO₂ de 0,3. Ces concentrations respectent les recommandations cliniques actuelles et ont été choisies sur la base de méta-analyses montrant des différences dans les mesures physiologiques et cliniques précoces avec des concentrations plus élevées ou moins élevées d’oxygène, expliquent Ju Lee Oei de l’université de Sydney à Camperdown (Australie) et ses collègues.
Il s’agit du plus grand essai randomisé comparant la réanimation dans la salle de naissance des très grands prématurés avec une concentration d’oxygène initiale plus basse ou plus élevée, soulignent-ils, avec 1.641 nouveau-nés, nés entre 23 et 28 semaines, randomisés peu avant la naissance entre les deux concentrations d’oxygène pour la réanimation initiale. La FiO₂ était ensuite titrée pour atteindre les cibles standard de saturation en oxygène par oxymétrie de pouls dans les 10 premières minutes ou en cas de nécessité clinique.
Les proportions de nouveau-nés dont la titration de la FiO₂ a été jusqu’à 1,0 étaient similaires dans les deux groupes, à 41% et 38%.
Le taux de décès ou lésion cérébrale à 36 semaines d’âge gestationnel corrigé était de 46,9% dans le groupe assigné à une FiO₂ initiale de 0,6 contre 47,8% dans le groupe assigné à une FiO₂ initiale de 0,3, soit un risque relatif de 0,98, sans différence significative.
Toutefois, chez les nouveau-nés recevant une FiO₂ initiale de 0,6, certains indicateurs associés à un plus faible risque d’hémorragie intraventriculaire et de décès étaient plus souvent observés que chez ceux recevant une FiO₂ de 0,3, et il y avait moins d’épisodes d’hypoxie et de bradycardie et moins de recours à des interventions de réanimation intensive chez les nouveau-nés assignés à la FiO₂ initiale de 0,6.
« Ces différences suggèrent une meilleure stabilité physiologique dans le groupe FiO₂ à 0,6 dans les premières minutes de vie », mais l’ensemble des résultats met en évidence l’incertitude persistante sur la concentration initiale optimale d’oxygène, commentent les auteurs.
