WASHINGTON, 24 avril 2026 – Les femmes souffrant d’une stéatose hépatique pendant leur grossesse ont un risque accru d’hypertension gravidique et d’accouchement très prématuré (avant 32 semaines d’aménorrhée), selon une étude prospective publiée dans Clinical Gastroenterology and Hepatology.
Des études antérieures ont suggéré que pendant la grossesse, une stéatose hépatique associée (MASLD) ou non (SLD) à un dysfonctionnement métabolique pourrait augmenter le risque de prééclampsie, d’accouchement prématuré et de diabète gestationnel, mais ces études utilisaient des définitions de la SLD différentes de la nomenclature actuelle et elles étaient principalement rétrospectives ou transversales, observent Tatyana Kushner du Weill Cornell Medicine à New York et ses collègues.
Pour mieux décrire la prévalence de la SLD et ses complications éventuelles pendant la grossesse, ils ont mené une étude prospective monocentrique appelée FLIP (Fatty Liver In Pregnancy), qui a inclus 1.194 femmes enceintes au deuxième trimestre de grossesse entre décembre 2019 et novembre 2024.
Une SLD a été trouvée par échographie chez 19,8% de ces femmes (97% sans diagnostic antérieur), avec des critères correspondant à une MASLD (SLD associée à un facteur de risque métabolique) dans 87% des cas.
La SLD a été associée de manière indépendante à une hausse du risque d’hypertension gravidique et d’accouchement très prématuré, avec des odds ratio (OR, mesure approchant le risque relatif) respectivement à 1,5 et 3,9.
Une SLD modérée à sévère augmentait également le risque de diabète gestationnel (OR à 2,4) et une SLD avec une corpulence normale augmentait le risque de nouveau-nés de petite taille par rapport à leur âge gestationnel (OR à 3,5).
Aucune association significative n’a été trouvée avec la pré-éclampsie.
La SLD pendant la grossesse semble constituer un marqueur de risque métabolique à long terme actuellement sous-estimé, concluent les chercheurs. Pour eux, la grossesse représente une “opportunité unique d’identifier les patientes à risque et de mettre en œuvre des interventions visant à optimiser la santé maternelle avant, pendant et après l’accouchement”.
(Clinical Gastroenterology and Hepatology, publication en ligne du 20 avril<https://www.cghjournal.org/article/S1542-3565(26)00287-9/fulltext>)
